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Dossier chemin de la compagnie

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Dossiers de référence :

Carte de la Balade sur le chemin de la compagnie

Dossier ONF Chemin de la compagnie

Lettre à M. Digiambatista 07 2002 chemin de la compagnie

Réponse de M. Digiambatista 30 07 02

Compte rendu d'entretien entre CC et GAPPALVVR 12 01 03

Correspondance CC, propiétaires et GAPPALVVR

Article de presse M Digiambastista et Mr le S Préfet

Article de presse de nos actions sur le chemin de la compagnie

Doc ZNIEFF Chemin de la compagnie

Courrier de M. Barbe directeur du conservatoire de botanique

Courrier CEPA

Avis d'enquête

Lettre à M. le Préfet 10 2004

Historique :

En juillet 2002, un article du journal local "La Montagne" avait pour titre : Les avancées de la communauté de communes".

Dans le paragraphe "domaine de l'environnement" figuraient les secteurs de desserte et les pistes forestières dont la plus importante communément appelé "chemin de la compagnie". Rapidement, nous décidions d'interroger le principal responsable du projet: Mr Di Giambatista, Président de la communauté de communes.

Aprés un premier report de rendez-vous et sur l'invitation gracieuse du président Di Giambatista, un collectif du groupement rencontrait les maires de Salzuit, Paulhaguet, Mazeyrat Aurouze et Josat de la communauté de communes. Nous nous sommes quittés sans être convaincus du bien fondé du projet. Dés lors, un sentiment d'intérêts non avoués est apparus.

En quête d'informations nous avons contacté Mr Barbe, directeur du conservatoire de botanique du Massif Central. L'aimable entretien a débouché sur une prommesse d'inventaire de la zone que nous n'attendons plus depuis longtemps, ayant appris entre-temps qu'elle était la responsabilité de Mr Di Giambatista au sein du comité directoire du conservatoire.

"Naturellement" nous avons fait appel à la DIREN (direction régional de l'environnement) qui nous a redirigé vers le CEPA (centre d'étude paysagère d'Auvergne). Ainsi nous avons contacté Mr Mathieu de Chauve-souris Auergne, il nous confirmé la présence des chiroptères dans les galeries des mines, seul site en Haute-Loire pour une espèce rare de chauve-souris.
Promeneur1.jpg

extrait d'un email :

Voici le message que Matthieu Bernard m'a fait parvenir hier.
Sinon rapidement, je voudrais te remercier de la part du bureau de CSA pour les informations que tu nous a transmises concernant le projet de piste forestière sur les sites chiros de la Senouire. Nous avons pu grâce à tes infos intervenir, informer le PNRLF (l'info n'avait pas circulé entre le service forêt et le service nature), lancer des discussions qui pour l'instant semblent aller dans le bon sens. Le projet ne sera probablement pas arrêté (le but n'était pas là pour nous d'ailleurs) mais la présence des mines et donc des chauves-souris devrait être prise en compte sous la forme d'une modifictaion du tracé du chemin. En plus ceci sera quand même plus sûr au niveau sécurité (faire passer des engins de débardage sur des galeries de mines, on fait mieux ...). Cordialement.Pour Chauve-souris Auvergne.Matthieu BERNARD.Vice-Président.

Par ailleurs, nous avons contacté la LPO puisque que la présence de Circaètes dans la vallée était précisée sur le documents ZNIEFF. La ligue de protection des oiseaux n'a pas était en mesure de nous confirmer la présence des rapaces, ni d'ailleurs le spécialiste du coin de l'espèce concerné.

La communauté de commune se heurte au problème de l'expropriation pour certains riverains. La seule issue pour ce projet décidement bien handicapé, repose sur le resultat de l'enquête publique. Les arguments de la CC sont bien faibles et paraissent ridicules si l'on est de bonne foi, nous vous les livrons brutalement :

  • Critère économique de l'exploitation forestière (ha-ha, hi-hi, ho-ho)
Attention au deuxième rire, vous risquez de tomber à terre !
  • Critère sécuritaire pour les usagers et contre l'incendie! eek tongue wink (pouf, pouf, pouf, ...)


Préambule :

Il est aujourd'hui une constante dans tous projets qu'il y a autant de partisans que de détracteurs. Une autre constante également est que ni les uns ni les autres ne connaissent le dossier et pour cause. Les élus semblent se considérer comme seul maître à bord après Dieu et rechignent à informer correctement les administrés des projets qui pourtant les intéressent en premier lieu.

Cette attitude de méfiance vis à vis de la population (qui tranche singulièrement avec l’attitude des ‘’ aspirants élus’’ en campagne électorale) n’a pour effet que de générer une méfiance inverse de la population à l’encontre des élus.


Le Chemin de la Compagnie

Il a donc été question un beau jour "d’ouvrir" le Chemin de la Compagnie, sans plus d’informations. Rien de nouveau sous le soleil, ce ne sera ni le premier ni le dernier à être rectifié à grands coups de bulldozer.
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Le problème est que ce chemin est beau, et non seulement beau, mais chargé d’histoire. C’est même le dernier témoin l’intense activité, tant au niveau des mines qu’a celui des moulins que cette vallée perdue a connue.

Il est clair que si il fallait conserver toutes les ruines et vieilleries de la planète ce ne serait pas très constructif, et puis a t-on déjà vu une plaque commémorative à la mémoire édificatrice d’un élu sur une vielle entré de mine ou sur les restes d’un bief ? Que non. Il faut du beau, du neuf du grand.

Le paradoxe est que d’un côté nos décideurs terrassent à tout va et que par ailleurs ils tentent, avec le même souci de transparence et d’information, de créer des ’’ no men’s land’’ pour la protection de la nature et de l’environnement ; leur conscience économico-écologique est donc en paix. Et la population ? Elle a élu les élus c’est donc parfaitement démocratique et puis c’est forcement pour son bien. Fermez le ban.

Confrontés à cette situation contradictoire, nous avons décidés d’en savoir plus sur ce projet de Chemin de la Compagnie et un rendez vous a été pris avec des élus concernés en Mairie de Paulhaguet. Mr le Conseiller Général nous y affirmé que rien n’était défini quand au type de travaux, quand à un éventuel passage de grumiers et que ce n’était pas un projet prioritaire. Promesse nous fut faite de nous envoyer les éléments du projet concerné.

De notre côté nous nous procurons le dossier du projet qui n’a rien de "confidentiel défense" et puis qui est un peu le nôtre car payé avec notre argent. Et là, surprise. Ce document, du 18-12-2001est qualifié de définitif. Tout y est détaillé et chiffré. Lechantier concernant la zone 2, celle qui nous intéresse et telle qu'elle est définie dans la présente étude, est assez impressionnant pour que l’on considère qu’une action de concertation et d’information touchant la globalité de ce projetsoir envisagée.

Que nous dit cette étude qui émane de l’ ONF ?

Elle fait d'abord un constat de rapide de la situation sur cette zone et met en avant le rôle de la forêt en Haute Loire en terme d’environnementet de préservation de la nature.« La forêt, …, est impliquée dans les activités récréatives et touristiques dont elle reste l’un des supports principaux. Elle constitue aussi souvent des zones peu artificialisées, réserves d’espèces animales ou végétales ».

Elle note aussi le manque d'infrastructures nécessaires à une exploitation rationnelle du bois face à une concurrence mondiale féroce, tout en notant que « Tout gain de productivité obtenu dans le respect des autres rôles de la forêt doit donc être activement recherché » . ( Souligné dans le texte).

En fait apparaît là tout la problèmatique de ce projet. Les décideurs opèrent de la manière la plus floue, sans informations ni réflexions. Ils s’abritent derrière une étude pour mener à bien une action qu’ils jugent prioritaires pour des raisons qui leur appartiennent, sans considérer le moins du monde l’impact enironnemental ni patrimonial du projet. On ne parlera même pas du côté financier qui a lui seul mériterait une étude car « on a des subventions » , mot magique laissant à penser que cela ne nous coûtera rien !

A notre avis certains points de l’étude devraient néanmoins faire l’objet d’une réflexion :

On peut craindre qu’un exploitation importante du site conduite à un repeuplement artificiel ( P8) allant à l ‘encontre de la diversité végétale souhaitable.

Ce massif est concerné par une ZNIEFF et de ce fait une approche avec prise en compte de l’aspect environnemental aurait du être effectuée. Cela a t il été le cas ? La précipitation à conclure le projet classé en priorité ‘’A’’ laisse sceptique.

L’ étude soulève des problèmes mais apporte aussitôt une réponse. Le côté touristique doit être pris en compte, et contrairement à l’optimisme de circonstance, (P 11) il n’est pas sûr que cela aille dans le bon sens. Ce point est soulevé P 19.

Il est fait état de l’état de la voirie. Il est à noter que le chemin de la Compagnie, bien qu’inadapté au passage de semi remorque était parfaitement carrossable il y à 25 ans de cela, mais on peut témoigner que RIEN n’a été fait pour en assurer l’entretien ou au moins un minimum de maintenance des ouvrages d’art. Il est du reste significatif de constater que l’on englouti beaucoup d’argent, que l’on détruit irréversiblement un patrimoine et que lorsque les pistes sont faites, personne ne se préoccupe de les entretenir, ce qui fait que 20 ans après elles sont à nouveau impraticables pour des ensembles routiers importants. Elles ne servent donc qu’une fois ! (Lorsqu’elles servent !!!)

Concernant la voirie il est curieux de noter que l’on privilégie des aires de retournements pour les camions aux pistes qui « bouclent et soient l’objet d’usage abusifs sans rapport avec l’exploitation forestière « Reste à définir les abus, certains sauront s’en charger !

P 17 l’étude enfonce le clou en argumentant sur « les recettes supplémentaires générées par l’utilisation de la route. » en survolant le coût global du projet (puisqu’on vous dit que c’est subventionné !)

  • augmentation du prix du bois. Nul besoin d’avoir fait HEC pour savoir que le prix du bois ne dépend nullement de sa facilité d’accès. Le prix est celui fixé par le marché. Les conditions d’exploitations font que le produit s’intègre ou non dans ce prix de marché. Il est clair que le prix à la vente sera le même. Les frais seront cependant moindres et le bénéfice sera plus conséquent. Il faut alors admettre qu’une fois de plus on privatise les bénéfices (propriétaires des parcelles concernées) et on nationalise les pertes (contribuables qui auront payé la route). Cette façon de faire, même si elle est malheureusement fréquente est indigne de responsables dignes de ce nom. (Il serait d’ailleurs intéressant de connaître les propriétaires des parcelles concernées)
  • Plus value nette en cas de vente du patrimoine. cf. ci dessus.
  • Limitation du risque d’incendie. Lorsque l’on voit une parcelle après une coupe avec les branches et souches qui pourrissent sur place on est sceptiques.


Notons que nulle part il n’est question de faire participer les exploitants des bois à cet effort financier. Ils n’en tirent que les avantages, ce qui fait que sur les communes de Jax et Josat, les plus concernées et dont les Maires sont à l’origine du projet (hasard) on s’en félicite et on fasse l’impasse sur le reste du problème.

Il est de toute manière, n’en déplaise à l’ONF, évident que JAMAIS l’exploitation forestière du Massif concerné puisse être compétitive face à la concurrence des pays du Nord ou de l’Est. Cette démarche visant à le faire croire est malhonnête, surtout émanant de spécialistes. Elle est aussi la preuve que l’on vraiment pas plus d’idées que de pétrole ! En effet plus on mettra d’argent sur des projets par avance déficitaire, plus on perdra d’argent. En ces périodes de restrictions, la moindre des choses serait de dépenser avec un élémentaire souci de rentabilité.

P 20 l’accent est justement mis sur les problèmes liés à ces ouvrages mais il semble qu’une impasse totale soit faite à ce niveau. Sinon qui a étudié ces points et qu’elles en sont les conclusions ?

P 21 En fait apparaît ici ce qui à terme peut se reveller être une accaparation pure et simple du domaine public par des organismes type ONF avec à la clé interdiction de circulation. On se retrouve alors dans la situation ou certaines zones (natura 2000) sont bouclées à des fins de préservation de la nature et d’autres à des fins d’exploitation. (Ou les deux à la fois, ce qui spolie le citoyen des ses droits) Heureusement il nous reste la télé.

L’étude reconnaît toutefois et c’est à son honneur que « …des mesures de concertation en amont et préalablement au projet… » soient prises. C’est le but de notre démarche, mais rappelons que le niveau de priorité y laisse peu de place. Curieux ce niveau de priorité élevé.

Il est d’autant plus curieux qu’il touche le site le plus sensible car le plus agréable, le chemin de la Compagnie, vestige d’une ancienne exploitation minière réputée et que son coût est important puisque sur un total de 7000.000 F - zones 2 &3-(désolé pour l’Euro) il représente 2000.000 F.

(chiffres moyens, valeur 2001, dont déjà sous estimés)

Il est noter que des jugements récents ont reconnus que les anciennes mines, y compris de la fin du 19 ème siècle faisait partie du patrimoine archéologique national. (arrêt de la cour d’appel de Besançon du 13-11-1986) Nul part est fait mention de cet aspect de la question qui peut être un atout touristique de valeur.

Est ce à dessein ?

Dans l’esprit de nos responsables (est ce le bon terme ?) cet aspect patrimonial ne doit bien évidemment pas faire obstacle à l’exploitation de quelques hectares de sapins et de bois de chauffage.

Il nous semble qu’une telle somme qui ne sort pas de la hotte du Père Noël (mais si on y croit encore, il ne nous reste plus que ça …) pourrait être utilisé de manière à développer une exploitation forestière moins agressive pour l’environnement, plus respectueuse d’une diversité botanique en adéquation avec les paysages, les sols et le climat (et de fait peut être moins sensibles aux tempêtes ?).

Cela permettrait aussi une meilleure distribution de l’argent public qui dans ce cas ne va que chez les riverains du projet (faudra vraiment en savoir plus…).

Cette manière de procéder au fur et mesure des besoins d’exploitation aurait en outre l’avantage d’être répartie dans le temps et de fait d’être plus économique.

Et il est même probable que l’on pourrait ainsi trouver un peu d’argent pour reconstruire les ouvrages d’art du Chemin de Compagnie et préserver un patrimoine qui va disparaître sous la lame d’un bulldozer ;erreur l’étude préconise l’utilisation de la pelle mécanique moins agressive que le bull. Qui maintenant osera insinuer que l’environnement n’est pas pris en compte grâce à ces réalisations chirurgicales.

Mea culpa.

Lettre envoyée Mr le Préfet

GAPPALVVR

Mairie de Langeac

43300 LANGEAC

www.loisirsverts.free.fr

Mr le commissaire enquêteur

Mairie de Mazerat- Aurouze

43230MAZERAT-AUROUZE

Copie : Mr le Préfet

Objet : Observation du groupement dans le cadre de l’avis d’enquête concernant le:

Projet d’aménagement de la route forestière de la compagnie sur les communes de Sainte- Marguerite, Mazerat Aurouze, Josat, Jax et Varennes-Saint –Honorat.Monsieur le Commissaire Enquêteur,

Notre association représente un groupement d’associations et fédère un ensemble de personnes représentant les habituelles pratiques de loisirs mais aussi des personnes « indépendantes », pour la protection et la prévention des activités de loisirs verts et de vie rurale. Un des buts de notre association est de collecter les avis, les remarques et les informations pour les transmettre aux autorités avisées.

Nous souhaiterions, dans le cadre de l’enquête à la déclaration préalable d’utilité publique concernant les travaux de cette route forestière vous faire part de notre point de vue.

Mais tout d’abord, permettez nous de resituer notre démarche dans le temps et d’en préciser l’esprit.

Lorsque nous avons eu connaissance, par hasard comme beaucoup, que le Chemin de la Compagnie allait être l’objet de travaux visant à le transformer en route forestière, nous avons immédiatement pensé qu’il était dommage que ce site disparaisse ainsi.

Nous avons la conviction que cet endroit représente une page d’histoire de notre région, et qu’il s’inscrit dans notre patrimoine au même titre qu’un four à pain ou une maison de béate. Certes, laissés à l’abandon et sans entretien depuis plus de trente ans, certains ouvrages d’art sont de fait en mauvais état, et un s’est même, opportunément, écroulés cette dernière année.

Nous avons donc demandé aux décideurs de ce projet qui sont principalement Mr le Conseiller général, Président de l’intercommunalité et maire de Josat ainsi que Mr le maire de Jax des précisions sur ce chantier et sur sa réelle utilité. Il nous semble tout à fait naturel que des projets de cette nature soient expliqués à ceux qui le souhaitent.Nous fûmes par deux fois reçus en Mairie de Paulhaguet, mais rien de concret, de précis ou chiffré ne sortit de ces entrevues. Les réponses nous semblèrent pour le moins incohérentes et évasives. D’abord rien n’était arrêté puis cela allait de la protection incendie de taillis à l’exploitation de résineux en passant par le développement du centre équestre et du foyer de ski de fond ( à cet endroit ce serait vraiment du ski de fond… de vallée) et l’ accèsnécessairede ces activités à la vallée de la Senouire ! Tout ou presque nous fut servi, y compris le fait que les subventions rendaient ces travaux financièrement indolores et que puisque ces subventions étaient là autant en profiter. Non seulement s’est établi ce que l’on appelle communément un dialogue de sourds, mais souvent nous fûmes pris pour des imbéciles alors que nous connaissons parfaitement le site et le dossier pour avoir eu accès à l’étude de l’ONF, ce qui manifestement n’était pas le cas de tous les élus présents !

Il est évident qu’un projet quel qu’il soit a pour effet premier de générer une opposition. Celle ci est forcément l’émanation de critères plus ou moins personnels qui lui confèrent une relative objectivité. Cette opposition est souvent confortée dans ses fondements par l’absence d’information vérifiable.

Il n’est pas question pour nous pour nous de nous écarter de nos préoccupations initiales :

-ce projet est il vraiment indispensable à l’exploitation forestière ?

-, ce patrimoine minier, puisque manifestement c’en est un, doit-il disparaître ?

-est ce donc un chantier d’utilité publique ?

-Nous sommes donc loin d’un débat à connotations partisanes et surtout n’avons aucun intérêt direct et matériel à la réalisation ou non de ce projet.

Pour étayer notre argumentation nous ferons référence au seul document officiel à notre avis disponible depuis suffisamment longtemps pour pouvoir servir de base de réflexion : l’étude de l’ONF intitulée :

Schéma de desserte en Haute Loire.

‘’ Communauté de communes de Paulhaguet - partie Est

Bois des murs, Bois noirs, Vallée de la Ribeyrette’’

et présentée par Mr Gras, technicien forestier en date du 18-12-2001 comme‘’documents définitifs’’. Nous relèverons également les raisons évoquées par Mr Di Giambattista, maire de Josat et président de l’intercommunalité dans un article de presse paru dans la Montagne à l’automne 2004. Cet article reste comme étant quasiment la seule information publique apportée sur ce dossier. (article joint)

Nous souhaiterions montrer que ce projet n’est qu’une réponse apportée à quelques problèmes particuliers, qu’il va à l’encontre de la préservation d’un certain type de patrimoine et d’environnement et qu’il est d’un coût très élevé sans réel intérêt pour la collectivité. Il nous semble donc que l’on est très loin d’un projet d’utilité publique.

Nos remarques quant au bien fondé de cet important chantier se feront dans trois directions :

-le parti pris des arguments des décideurs

-la rentabilité économique du projet.

-l’impact paysager, environnemental, touristique, etc…

* Des décideurs « juges et parties »

Ainsi que nous l’avons évoqué plus haut, les personnalités les plus engagées quant à l’aboutissement de se projet sont MM les maires de Josat et de Jax , le premier étant également président de l’intercommunalité, conseiller généralet membre du comité syndical ainsi que du bureau syndical du Parc Régional Livradois forez. Cela aidant significativement pour obtenir l’aval du Parc Livradois forez, du moins le pensons nous.Le maire de Jax pour sa part est salarié de la DDAF, ce qui lui permet d’être reconnu pour avoir des compétences techniques dans ce dossier, mais pas forcement l’objectivité nécessaire et indispensable. Les autres élus rencontrés lors des réunions évoquées ci dessus reconnaissaient très mal connaître le site (et le dossier nous a t il semblé !). L’ONF, pour sa part, ne peut pas contester un projet dont elle a assuré l’étude et pour laquelle elle a été rémunérée .

* Une rentabilité économique « non chiffrée »

L’étude tente de justifier ce schéma de desserte par la nécessaire exploitation forestière, ce que personne ne conteste, dans un contexte de situation internationale difficile.

Mais, contrairement à ce qu ‘elle avance (P17) concernant les avantages économiques d’une bonne desserte ‘’ les recettes supplémentaires générées par l’utilisation de la route : augmentation du prix du bois en raison de sa plus grande facilité de mobilisation et d’exploitation…’’ la création d’une route ne fera pas augmenter le prix du bois . Celui ci ne dépend pas de critères de cet ordre, tout le monde le sait ou devrait le savoir. Il dépend d’un marché international sur lequel la création ou non de la route de la Vallée de la Ribeyrette n’aura aucune incidence. La facilité d’accès diminuera les frais d’exploitation et augmentera simplement la marge du propriétaire par rapport au prix du marché. Mais cette plus value, empochée par quelques uns, sera déboursée par la collectivité. Est ce cela ‘’ l’utilité publique ‘’ d’un projet ?; sûrement pas. L’étude enfonce le clou en mentionnant la ‘’plus value nette’’ que tirerait le propriétaire ‘’en cas de vente du patrimoine’’.Est ce que l’argent public doit servir à ne favoriser que quelques propriétaires riverains d’un projet, d’autant qu’il n’y a à la clé aucune retombée positive pour la collectivité ?

Ce qui est pour le moins curieux c’est de constater les multiples solutions de desserte de la zone concernée. Ainsi une piste Loubeyrat/Aurouze, proche de celle ci a été ouverte il y a quelques années dans ce but semble t il. De cette piste est prévue une route forestière parallèle à une portion du chemin de la compagnie et se terminant juste en face, de l’autre côté du ruisseau, versant nord .

Une piste forestière est prévue en fond de vallée, de l’autre côté du ruisseau et parallèle au chemin sur toute sa longueur, toujours versant nord.

Une piste est également prévue par Pouzols (cf. carte jointe et tirée de l’étude), elle aussi parallèle sur la longueur du chemin, au cœur de la sapinière, cette piste à mi pente peut répondre à tous les objectifs de desserte du bois pour la zone concernée (voie sans issue, débardage par le haut, longueur minimum du tracé, éloignée du ruisseau, sécurité, loin des entrées de galerie, etc).

Outre le fait que l’on pourrait légitimement se demander à quoi servent toutes ces pistes, on peut admettre que rectifier le chemin de la compagnie ne serve pas à grand chose, d’autant qu’il semble que la majorité des bois résineux soient sur l’autre versant (nord) qui aura et a déjà en partie sa route forestière ainsi qu’une sortie par Jax et Chastenuel sur la N 102.

Si l’étude est très complète sur le profil des routes et pistes et de leurs tracés elle reste toutefois très évasive sur l’aspect financier de ce projet. Certes si les coûts estimés (valeur 2001) y figurent et font de ce chemin, et de loin, la partie la plus coûteuse.

Il est regrettable de constater, dans ce genre d’étude, l’absence de justification du besoin ; rien n’est avancé quant aux prévisions d’utilisation et à son réel intérêt financier, faits démonstratifs de l’importance accordée à ces objectifs.

Rien non plus sur les quantités de bois à exploiter, le bénéfice en coût d’exploitation que génèrent ces travaux. Il eut été intéressant d’avoir ne serait ce qu’une estimation chiffrée de l’incidence de ceux -ci rapportée au mètre cube de bois, commercialisable exploité ( le bois de chauffage, surtout personnel n’étant pas, à proprement parler, d’utilité publique). Il nous semble que cela serait la moindre des choses pour l’élaboration d’un projet, surtout concernant une étude dont l’argumentation principale est la notion économique.

Nous allons, bien que cela ne soit pas dans nos compétences faire justement une ébauche d’estimation qui sera bien évidemment sujette à erreur, dont on voudra bien nous excuser. Elle aura au moins le mérite d’être certainement le seul calcul de rentabilité réalisé (à notre connaissance) .

Nous allons considérer le coût du chantier à 305000 € (~2000000 FRF)

Le bénéfice escompté sur les frais de débardage, du fait de la création de la piste, est évalué par les professionnels consultés à environ 5€ / mètre cube.La surface estimée est d’environ 140 ha (long du traçé jusqu’à mi-pente). La densité de peuplement (en sapin) moyenne d’après l’étude est d’environ 200 m3/ha donne un total de 28000 m3 soit un gain de 28000x5=140000€, à opposer au 305000 que coûte la piste ! Cela dans le cas d’une coupe à blanc, pour des bois du meilleur revenu, sans les coûts de réfection (débardage et transport) car un tel cubage représente prés de 1000 grumiers !

On voit mal une telle activité dans cette vallée le coût au m3 exploité sera donc forcement plus élevé. Quel est l’incidence financière de la route rapportée au mètre cube de bois exploité envisagée par l’ONF ? Mystère.

On peut également faire remarquer à ce sujet, et c’est là toute l’incohérence de ce projet, que tout le bois du versant opposé à cette route ne transitera pas par celle-ci. La raison en est simple lorsqu’on regarde la carte : il n’y a pas de passage prévu ( sur un document définitif rappelons le) entre les deux rives du ruisseau et tout débardage dans celui ci est naturellement interdit (loi sur l’eau et loi sur la pêche). Cette route ne donnera donc pas accès au versant le plus boisé en résineux (au nord) de la vallée. Ce versant aura ses propres routes. Le versant sur lequel se situe le chemin aura également une autre piste débouchant au même endroit et son peuplement n’a rienpour justifier un tel engagement financier, d’autant que des pistes existent déjà sur le haut. Dans ce contexte on se demande réellement quelles sont les raisons qui confèrent à ce projet une réelle utilité et surtout ce niveau de priorité.. On peut même se demander le réel intérêt de l’ensemble des travaux sur cette vallée, mais c’est là un autre problème !

Terminons sur un point développé par Mr le Conseiller général qui déplore à ‘’ La Montagne’’ le gâchis de matière première. Il ne faudrait pas que ce gâchis, non prouvé d’ailleurs (l’étude de l’ONF ne relevant pas ce point), soit l’arbre qui cache la forêt d’un gâchis financier prévisible et colossal.

Cette route de la vallée de la Ribeyrette n’a donc aucune justification économique en terme d’exploitation.

·Un impact paysager « chirurgical »

Dans ce schéma d’exploitation forestière, l’objet est de faire sur ce site une route forestière avec place de dépôts et place de retournement. Cela signifie que l’on souhaite faire de ce lieu une aire de stockage des bois avec un accès sur la vallée de la Senouire par camion. Pour qui connaît l’endroit il est clair que l’impact sur le paysage sera majeur. Les contraintes liées au passage de grumiers chargés sont telles qu’il ne peut en être autrement. Cette route ne doit pas servir à l’exploitation proprement dite. Elle ne sert qu’au stockage et transport

L’étude recommande d’agir dans le respect de l’environnement et des ‘’activités récréatives et touristiques dont elle ( la forêt) reste un des supports principaux’’. Il est clair que notre propos n’est pas de faire le procès de cette étude, mais de constater que sur cette partie du dossier qu’est la vallée de la Ribeyrette les avantages énoncés ne sont, une fois de plus, pas déterminants face à la disparition de ce site.

Ce chemin comme l’indique son nom avait été ouvert par une compagnie minière exploitant les mines de la vallée de la Ribeyrette. D’autres que nous seraient plus à même d’évoquer ce passé et l’histoire de ces mines, toujours est-il que pour modestes qu’elles soient, elles font parties de notre patrimoine et surtout représente un patrimoine archéologique dont ce chemin fait naturellement partie. (cf. annexe jointe) Il est à noter que ce chemin est parsemé d’ouvrages en pierres, parfaitement intégrés au paysage.

Bien que n’ayant fait l’objet d’aucun entretien au cours des trentes dernières années, il est encore praticable (pas pour des grumiers et des abatteuses automotrices bien sûr) Cela témoigne au moins qu’il avait été bien conçu, qu’il était solide et qu’il méritait donc un minimum d’entretien de la part de ceux qui en avaient la responsabilité

L’étude mentionne, en les minorant, les problèmes liés à la création de telle route sur l’environnement. Mais et c’est là le plus intéressant, en plaçant le Maître d’Oeuvre face à ses responsabilités concernant les problèmes d’insertion de l’ouvrage dans le paysage : ‘’ Il est du rôle du Maître d’œuvre de tenir compte de ces problèmes, particulièrement dans une région ou le tourisme est une composante notable de l’économie locale.’’Nous rappellerons que les deux réunions que nous avons eu avec les responsables de ce projet n’ont pas été de nature à nous rassurer sur ce point.A l’heure où il se parle sur le secteur d’un éventuel musée de l’argile, domaine passionnant s’il en est, propre à décider parisiens et néerlandais à choisir notre région pour leur vacances, on rase un chemin magnifique vestige lui aussi d’une importante activité de notre secteur et lieu de promenades fabuleuses.

Connaissant parfaitement le site, nous ne pouvons admettre que l’impact paysager soit négligeable. ‘’L’utilisation de la pelle mécanique en création sur les reliefs les plus accentués devra limiter l’impact paysager’’ rapporté à la vallée de la Ribeyrette l’utilisation de la pelle mécanique ou de tous autres moyens ne changera pas le fait que pour faire passer des semi remorques à cet endroit, il faudra forcement dénaturer le paysage et détruire tous les ouvrages d’art existants. Sauf preuve du contraire bien sûr.

L’étude établie une liste de problèmes résultant de l’ouverture de la route comme la ‘’dégradation du patrimoine local‘’ en minimisant toujours le fait qu’il s’agisse d’une destruction totale, au moins reconnaît elle qu’il y à là patrimoine. Elle évoque aussi la sur-fréquentation, ‘’ au cœur de massifs jusque là relativement isolés ’’, les incompatibilités entre les différents utilisateurs et en apportant une ébauche de solution concernant l’utilisation. Au sujet des places de retournement elle précise : ‘’Elles peuvent parfois présenter l’avantage d’éviter que les itinéraires crées ‘’bouclent’’ et soient l’objet d’usages abusifs sans rapport avec l’exploitation forestière ‘’ C’est le cas du chemin de la compagnie. Difficile pour les auteurs de cacher leur détermination à ‘’annexer’’ cet ouvrage à la seule exploitation forestière. Bel exemple de contre emploi de l’utilité publique, d’autant que cela va à l’encontre de certains arguments développés par les élus.

De plus , et l’étude le relève clairement, cette partie de forêt présente une bio-diversité fort intéressante qu’une exploitation déraisonnée risque de remettre en cause. L’argument de maladies affectant ces bois n’est par ailleurs pas prouvée et desétudes et constatations partout en Europe révèlent que la forêt de type originel est bien mieux à même de résisteraux maladies que la monoculture trop souvent pratiquée chez nous. Un arbre mort représente de plus un intérêt écologique incontestable et n’est pas forcement le signe avant coureur d’un désastre annoncé. Il ne faut pas tout mélanger. L’étude de l’ONF ne reprend d’ailleurs nulle part cette argumentation développée seulement par certains élus dont Mr le Conseiller général.

Lors de son entretien à ‘’La Montagne’’ Mr Di Giambattista dénonce ‘’ des mauvais choix d’essence, des plantations trop serrées, des parcelles à l’abandon’’ Ce fait, très limité dans ce secteur, ne justifie pas la création de cette route. Ou si l’on retourne le raisonnement la présence de la route ne changera pas les essences de bois, l’espacement des plantations et la volonté (ou la négligence) des propriétaires. Il est a noter concernant les essences présentes que l’étude reconnaît, elle, ces massifs comme ayant une ‘’ diversité de peuplement’’

Toujours lors de son l’entretien à ‘’La Montagne’’, Mr le Conseiller général avance : ’’ les séquelles de la tempête de 1999, de la sécheresse et des maladies pour voir comme aujourd’hui cette teinte rougeâtre dans les massifs qui n’est pas un bon signe’’. L’étude affirme que ‘’ ce massif a été modérément touché’’ par la tempête en question. Pour avoir vu des endroits sinistrés, on peut même affirmer que cette vallée n’a pas été touchée par cette catastrophe, mis à part quelques arbres morts. Concernant les maladies l’étude, rappelons le, n’évoque pas ce point. Pour ce qui est de la sécheresse n’est il pas trop tôt pour tirer des conclusions objectives et argumentées, quant à ses conséquences ?Mais qui veut tuer son chien l’accuse d’avoir la rage.

Encore tiré de l’article au journal local ‘’ aujourd’hui à l’abandon (le chemin de la compagnie), riche en ouvrages (ponts) il pourrait donner une desserte ludique au centre équestre et au foyer de ski de fond de Jax, sans parler du bénéfice pour les exploitants agricoles ‘’ La première réflexion qui nous vient à l’esprit est pourquoi l’avoir laissé à l’abandon, messieurs les maires concernés, puisque vous le déplorez aujourd’hui ? Outre qu’il n’y a plus d’agriculteurs exploitant des parcelles dans cette vallée, hormis quelques maïs pour fixer les sangliers, on doit rappeler que pour le tourisme le seul entretien du chemin existant eut suffi et eut représenté un atout fort. Est il besoin pour cela de détruire tous ces ouvrages d’art et de faire une route pour semi remorque ? Rappelons également que la route ne débouche justement pas ! Et puis, si ces ponts représentent une richesse, pourquoi les détruire ?

La protection incendie étant avancée on peut noter que sur ce site il n’y a jamais eu de départ de feu (sauf erreur de notre part) ce qui ne prouve pas qu’il ne puisse y en avoir, mais qui démontre que le risque, s’il existe, est très limité. Le fait du reste d’ouvrir une route est peut être le meilleur moyen de générer ce risque car chacun sait , et tous les étés ce fait est prouvé que les départs de feu sont rarement naturels.

Pour ce qui est de l’aspect sécuritaire concernant la praticabilité du chemin, on s’étonne que les élus s’en inquiètent aujourd’hui, alors qu’ils l’ont laissé sans entretien durant des décennies. Serait ce à dire que l’utilité publique a été négligée durant toutes ces années de laisser aller ? N’y pensons pas.

Et puis enfin pour terminer sur le volet impact environnemental, un point qui mérite d’être souligné, qui est peut être une raison à la précipitation à faire cette route et met un doute quand à la caution du Parc Livradois Forez de la DIREN et autres organismes, est le fait que cette zone est classée site Natura 2000 (ci joint fiche) en temps que :’’ complexe minier de la vallée de la Senouire’’. Sur ce site sont présentes plusieurs espèces de chauves souris, dont certaines espèces rares et protégées. Alors comment régler le problème suivant :

Ouvrir une route dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle va générer une fréquentation accrue du site (puisque elle présentera un intérêt touristique), sans fermer définitivement toutes ces entrées de mines pour se garantir en terme de responsabilité en cas d’accident et préserver les espèces rares présentes ?

Peut être effectivement vaut il mieux détruire le site très vite, avant que cela fasse des vagues, d’où le degré d’urgence du chantier ?

Tous ces références montrent à quel points les arguments avancés manquent de sérieux, qu’ils souvent contradictoires et qu’ils sont bien loin de justifier un tel investissement financier et un tel mépris pour un patrimoine tel que celui ci.

L’utilité étant en fait laissée à l’appréciation de chacun, souvent en fonction de ses propres intérêts, reste à cerner dans ce dossier une notion d’utilité publique. Ce domaine est bien moins subjectif. Cette notion, rappelons le doit se justifier, sauf à n’y rien comprendre, par l’intérêt que le plus grand nombre trouve dans l’aboutissement d’une action. Les intérêts de quelques personnes n’y suffisent manifestement pas. Ces intérêts étant de plus basés sur une exploitation privée d’un patrimoine, il ne nous semble pas d’intérêt public que le financement d’ une piste ne profite qu’à certains. L’étude est très claire sur ce point, de plus elle ne démontre pas que l’exploitation forestière de la Ribeyrette soit un enjeu économique régional important.

L’utilité publique serait, pour tous les utilisateurs, que ce site ai été entretenu et préservé en temps utile. L’exploitation forestière pourrait alors être faite d’une manière adaptée à la topographie et la particularité du lieu, le chemin aurait pu garder son cachet et être le témoin du l’activité minière de cette vallée. On aurait même pu envisager des aides pour l’exploitation raisonnée des bois, qui forcement réparties dans le temps ne coûterait pas plus cher que de tels travaux, sans parler de l’entretien de cet ouvrage sous de telles contraintes. Rappelons que ce projet ne concerne que le versant le moins boisé.

Il semble au contraire que l’heure soit à la création de piste pour grumiers ou de chemins d’accès pour de gigantesques abatteuses automotrices (sans impact sur l’environnement ?).

L’utilité publique serait à notre avis que le bon sens l’emporte enfin, que face à un projet on n’hésite pas à mettre en balance publiquement les coûts, avantages et inconvénients. Seuls les avantages sont mis en avant. Ce n’est pas le propre d’une étude objective et rassurante.

L’utilité publique serait que l’on considère le citoyen contribuable comme quelqu’un de responsable, que l’on cesse de nous assener l’argument massue disant que de toute façon cela ne coûte rien car il y a des subventions et que puisqu’elles sont là, autant les utiliser. Cette argumentation primaire témoigne du peu de respect que l’on a pour solidarité citoyenne, car si les subventions sont nécessaires, elles ne doivent pas faire oublier que la gestion de l’argent public devrait se faire avec beaucoup plus de considération.

Pour conclure, nous dirons qu’il ne s’agit pas de ‘’fossiliser‘’ le paysage. Ce chemin est l’œuvre de l’activité humaine, il n’est pas naturel, comme tous les chemins il a eu en son temps un impact sur le paysage et à l’époque personne ne s’est posé de questions. La différence fondamentale avec ce qui se pratique aujourd’hui est que, construit avec les techniques de l’époque et des matériaux traditionnels cet ouvrage s’intégrait parfaitement à son environnement, au point presque de sembler là depuis toujours.

Aujourd’hui de tels travaux se font sans réel souci d’intégration *, sans souci de rentabilité, presque en dépit de toute rationalité. Ainsi, sous couvert d’une pseudo notion d’utilité publique, disparaissent de manière irréversible tous ces petits chemins ombragés bordés de murs, tous ces ponts et ouvrages d’art en pierres sèches dont le seul défaut est de ne pas résister aux passages d’engins agricoles de plus en plus lourds ou de semi remorques, sans être sûr pour autant que cela puisse être une solution à des problèmes qui dépassent le niveau local.

L’utilité publique serait que de tels ouvrages soient conservés, sans nostalgie mais avec respect. La vallée de la Ribeyrettene sera jamais d’un enjeu stratégique sur le marché du bois, même dans notre région. Elle ne sera tout simplement plus rien qu’une route forestière de plus au fond d’une vallée perdue.

En fait, tout le monde s’en remet au bon principe qui veut qu’ ’’il n’existe de problèmes qu’une absence de solution finisse par régler.’’


Date de création : 28/01/2005 - 10:23
Dernière modification : 22/06/2005 - 17:01
Catégorie : Protection du patrimoine
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